Les Sorcières Volent Bien Haut

par Tom A. Cullen in San Francisco News, du7 décembre 1962

 version française Tof

 

 

La sorcellerie connaît aujourd’hui son plus grand boum en Grande Bretagne depuis le moyen age.
Des centaines d’hommes et de femmes affirment maintenant être des sorcières et avoir le pouvoir de soigner et de jeter des sorts. Certains d’entre eux sont de vrais païens.
D’autres sont des excentriques, des amateurs de sensations fortes et mêmes quelques escrocs.
Des sorcières et des sorciers ont été interviewés à la télévision.
Les sorcières en Cornouailles qui se spécialisent dans le soin des verrues et des maladies bénignes ont, dit on leur propre clinique reconnue par la sécurité sociale.
Pourquoi cet intérêt actuel pour les sorcières et la magie noire ?
Le revival date de 1951, lorsque la dernière loi britannique anti-sorcière a été abolie, selon Mme Doreen Valiente, une autorité en matière de sorcellerie que j’ai interviewée ici à Brighton.
« De nos jours, les sorcières disent de plus en plus qu’elles le sont » affirme-t-elle. « Leur problème principal est de trouver un local. Les appartements ordinaires et les maisons sont exclus car les sorcières aiment faire beaucoup de bruit. »
Dans le même temps, Mme Valiente avertit que certains covens (les lieux de rencontre sorciers) sont dirigés par des escrocs.
« Certains d’entre eux attirent des membres en leur promettant des pratiques exotiques. Puis le membre est piégé dans une situation compromettante et on le fait chanter ensuite. »
On dit qu’un coven de Brighton a demandé de grosses sommes d’argent à des touristes américains pour assister à des soi-disant « Messes Noires » et à d’autres rituels.
« De nombreuses personnes pensent que je suis moi-même une sorcière, » dit Mme Valiente qui vient juste de terminer un livre sur la sorcellerie.
Il est certain que l’appartement de Brighton de Mme Valiente contient une des plus étonnantes collections de bric à brac sorcier de toutes les Iles Britanniques.
J’ai remarqué que Mme Valiente portait un collier de « pierres sorcières, » des petits fossiles trouvés sur la plage de Brighton.
En fait, Mme Valiente respire une atmosphère sorcière depuis son enfance, elle est née dans le New Forest dans le Hampshire, une région connue pour ses sorcières. « Ma famille était connue pour sa capacité à communiquer avec les fées » dit-elle.
Un des passe-temps favoris des sorcières du Sussex est, selon la légende, de se changer en lièvre et de courir nuitamment dans la campagne.
Une autre spécialité était connue sous l’appellation de « Charme du Bois Enchevêtré » un sort qui faisait que les gens quittent leur chemin et se perdent.
« Tout cela peut sembler être des non-sens, » concède Mme Valiente, « mais comment expliquer ce qui est arrivé au groupe d’ados qui a visité Chanctonbury Ring récemment ? »
Chanctonbury Ring est l’emplacement d’un ancien temple païen dans les Sussex Downs et est entouré par un cercle de hêtres. La légende raconte que si quelqu’un court trois fois autour du cercle d’arbre à minuit et appelle le Diable, il apparaîtra.
Récemment des adolescents ont décidé de tester la légende.
Ils se sont tout d’abord contentés de twister et de danser le rock’n roll. Mais à l’approche de minuit, ils ont dansé de plus en plus sauvagement autour du cercle d’arbres en invoquant les puissances païennes.
Soudainement un silence effrayant a enveloppé cet endroit et il s’en est suivi une très grande tension. C’était comme si quelqu’un avait été aspiré par le vide créé par une explosion nucléaire comme l’a dit un des ados.
Sans se consulter ils ont couru, paniqués, jusqu’au pied de la colline. Aujourd’hui, rien ne pourrait faire que ces jeunes gens retournent là-haut, » dit Mme Valiente.


 

 

 

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