C’est
une Nuit pour les Sorcières
par Angela Storer in « The
Sheffield Star » du 30 octobre 1965
version française Tof
De
l’encens se consume, des chandelles scintillent… et dans le cercle de neuf
pieds, Thelema, la grande prêtresse de sorcellerie, mène la danse pour lever le
cône de pouvoir.
Voilà ce qui va se passer demain soir, des sorcières de Leeds, de Brighton et de
Manchester se joindront aux sorcières de Sheffield pour célébrer la fête
mystique d’Halloween.
Et pendant que Sheffield dort, elles pratiqueront les rites secrets de dévotion
au Dieu Cornu de la Mort et à la Déesse Mère de la Fertilité.
Voilà en gros ce que m’a dit (sans révéler aucun secret) Thelema, Mme Patricia
Crowther dans le civil, lorsque nous avons discuté chez elle sur City Road.
Même la pièce était chargée de mystère, des statues de divinités Grecques,
Romaines et Egyptiennes y trônent fièrement
« Nos dieu et déesse furent vénérés sous de nombreux noms au cours de
l’histoire, » dit Mme Crowther, « mais nous gardons secrets leurs noms.
Notre religion est vieille comme le temps et pour moi, les heures passées dans
le cercle sont quelque chose de merveilleux.
Nous pouvons nous échapper à la fièvre de la vie moderne et retourner à une
époque paisible où on n’envisageait ni bien ni mal.
Je préfère qu’on appelle notre religion « l’Ancienne Religion » plutôt que «
Sorcellerie », car notre religion n’a aucune des implications déplaisantes liées
au mot sorcellerie.
Depuis longtemps on dit que nous sommes mauvaises, mais ce n’est pas le cas.
Nous ne faisons que le bien et nous avons aidé de nombreuses personnes. »
Elle rajoute : « Chaque semaine nous avons des appels à l’aide émanant de toutes
sortes de personnes. »
Mme Crowther et son époux Arnold qui est grand prêtre m’ont dit que les divers
coven dans toute l’Angleterre cherche un moyen pour se fédérer d’une manière ou
d’une autre.
Mme Crowther, 36 ans, est une personne fascinante et est bien loin de l’idée
qu’on se fait d’habitude d’une sorcière.
Elle est mince et élancée. Ses longs cheveux blonds tombent en cascade sur ses
épaules, c’est une personne extrêmement heureuse.
Comme toutes les sorcières elle croit en la réincarnation et elle dit que lors
d’une séance d’hypnotisme elle a pu entrevoir ses vies passées.
Enfin, je pense qu’il s’agissait de mes vies » dit-elle.
« Je crois qu’autrefois j’ai été Philippa Towin de Gosport, que j’allais à la
messe trois fois tous les dimanches et que j’avais un poney noir.
L’église s’appelait St Jean et nous avons découvert depuis une église de ce nom
qui fut construite à Gosport au début du 16ème siècle.
J’ai aussi été Poly la Sorcière et je récitais de nombreux sortilèges que mon
époux a retranscrits.
Ils étaient tous en vers, ce que je n’arrive pas à faire normalement, et parmi
ces charmes il y en avait dont le but était de faire qu’un époux volage retourne
à sa femme. »
Elle a ajouté : « Notre religion est positive avec de forts standards et
principes moraux.
Même si de nombreuses personnes souhaitent nous rejoindre, nous n’en acceptons
que peu.
Nous devons être totalement certains de leur sincérité car lorsque nous entrons
dans le cercle nous devons avoir un sentiment d’unité entre nous.
Je trace le cercle avec l’athamé, le couteau des sorcières, et le consacre.
« Cela conserve le bien dans le cercle et le mal à l’extérieur. Ainsi nous
devons nous sentir très proches de ceux qui sont avec nous dans le cercle. »
Elle ne m’en dira pas plus au sujet des rites secrets d’Halloween – la fête de
la mort lorsque les gens pensent à leurs chers trépassés et espèrent communiquer
avec eux.
« Parler de notre secret c’est le perdre, » dit elle.